On y était : Rock En Seine 2017

Les 25, 26 et 27 août se déroulait la quinzième édition du Festival Rock En Seine. Environ 110 000 festivaliers ont foulé le sol du parc de St Cloud et ont assisté aux lives, dispersés sur les six scènes du festival. De Jesus And Mary Chain en passant par Denzel Curry ou encore The Lemon Twigs, la programmation offrait un panel d’artistes éclectiques et de qualité.

J’ai eu la chance de pouvoir, chaque jour du festival, m’entretenir avec un artiste/groupe  programmé le jour même…:

Rencontres avec Inuit, Ulrika Spacek et Clara Luciani :

  Vendredi 25 août, j’ai pu parler seule à seule avec Coline, chanteuse du groupe nantais INÜIT :

RES 2017 (Inüit ) © Christophe Crenel

Comment est né INÜIT ?

On se connait tous depuis très longtemps, j’avais un groupe à 15 ans avec deux des garçons du groupe. C’est une aventure d’amis. Nous avons décidé de se regrouper vraiment tous les six il y a deux ans.

Vous préparez votre premier album, après Tomboy (ndlr : leur premier EP). Il a été créé dans quelles conditions ?

On s’est enfermé tout le mois d’Août à St Herblain. On a composé et répété tous les jours ! On a eu beaucoup de discussions, d’improvisations, d’enregistrements … On s’est posé une question : qu’est ce qu’on veux sur cet album ? Et on a tenu et respecté cette méthodologie. Le live de tout à l’heure (ndlr : celui de rock en seine) c’est un peu notre concert cadeau du mois de travail qu’on a fourni.

Je vous connais depuis environ an et demi et je vous ai vu récemment en live au Badaboum à Paris. Je trouve que votre musique se démarque par votre éclectisme et votre sensibilité…

Tu touches un point culminant,haha. On est vraiment six personnalités différentes et on écoute tous des choses différentes. Notre groupe, c’est ce mélange de six entités. On écoute à la fois de la pop, de l’électro, de la techno, du jazz, de la word music … moi j’adore la chanson française par exemple !

Vous composez/écrivez tous ensemble ?

Tous ensemble. Mais des pôles peuvent se créer, moi par exemple je suis toujours là pour l’écriture, j’adore ça. On est tous plus ou moins à l’aise avec soit l’écriture,les percussions, la composition … mais au final, cela doit plaire aux six !

Vous êtes énergiques et émouvants sur scène, je pense notamment à la chanson pour Adama… Vous êtes plus live que studio ?

Oui, moi carrément ! Le studio c’est très intéressant mais le live permet vraiment de se lâcher et de transmettre de l’émotion, sans chemin au préalable. La chanson pour Adama retranscrit la violence, la folie, l’absurdité …

Vous pouvez regardez le live de INÜIT juste ici :

http://culturebox.francetvinfo.fr/musique/rock/festival-rock-en-seine/inuit-au-festival-rock-en-seine-2017-260751

Samedi 26, c’est avec les Anglais du groupe Ulrika Spacek que j’ai rendez-vous à l’espace presse du festival.

Ulrika Spacek, © Olivier Hoffschir

Pouvez-vous me parler de la création d’Ulrika Spacek ? J’ai entendu parler d’une certaine nuit à Berlin … 

On a effectivement créé le groupe à Berlin une nuit. Puis, on est allé à Londres, on a enregistré le premier album, on a fait des tournées et en juin on a enregistré le deuxième album et nous voila ici.

Vous avez créé Modern English Decoration (ndr : leur deuxième album) dans une ancienne galerie d’art ?

Tout à fait, c’est une maison  vivent trois des garçons du groupe. La maison s’appelle  K.E.N pour être plus précis.

Vous êtes un groupe très créatif, votre musique peut être douce, élégante et très forte à la fois. Quels genres d’artistes, de musique vous inspirent ?

Merci !  En ce moment on écoute de la musique synthétique, des groupes allemands des années 70 comme Kraftwerk… C’est important cette notion de contraste dont tu nous parle, on aime les contrastes en musique. Par exemple le groupe Liars, ils ont différentes instrumentations tout en ayant leur son propre.

Vos deux albums sonnent comme des histoires, on oublie le temps en vous écoutant. Comment  composez et écrivez vous ?

Alors ça dépend des moments. Parfois c’est de l’impro, on part d’une chanson et on sait pas trop ou ça va nous mener… On aime cette idée du collage music, que les gens se perdent en nous écoutant, comme ne pas mettre de paroles pendant quelques minutes …

-Faire quelque chose d’atmosphérique ?- Absolument.

Modern English Decoration (ndlr : sorti en juin dernier) est sorti quelques mois après votre premier album. Vous préparez le troisième ?

Non. On est allé vite entre le premier et le deuxième album. On va plus prendre notre temps. On ne va plus enregistrer au K.E.N, on va devoir s’habituer au studio classique, ça va être une nouvelle expérience.

Dimanche 27, dernier jour et dernière rencontre avec Clara Luciani, une heure avant son concert :

Tu as sorti ton premier EP cette année, Monstre d’amour.  Tu l’as écris suite à une rupture amoureuse ?

Oui. C’est un EP de rupture et de souffrance. J’étais chez mes parents et je me suis faite larguée par téléphone… Je suis restée enfermée dix jours et j’ai composé. Cet EP est comme un exutoire. C’était nécessaire et essentiel, ça m’a sauvé.

Tu as un univers sensible, esthétique et élégant. Tu t’inspires de quoi/de qui ?

J’ai fais des études d’histoire de l’art et je voulais absolument une auréole dans mes clips. J’en ai discuté avec le créateur Jacquemus et il a eu l’idée de matérialiser ça sous la forme d’un chapeau de paille. Je m’inspire du cinéma aussi. Par exemple James Dean et son côté intemporel.

J’ai cru comprendre via des interviews que tu es d’un naturel assez réservé voire timide. Pourtant, une fois sur scène, tu dégages un charisme et une belle assurance. Comment  te prépares-tu aux lives ?

Je suis pétrifiée, haha. Mais j’arrive à mettre de la distance, je théâtralise la scène. Les gens me trouvent froide mais c’est comme une barrière et puis c’est tellement honnête et intime ce que je chante … peut être qu’un jour j’arriverai à avoir du second degré mais pour l’instant c’est trop intense.

Je me posais la question précédente car tu te livres dans tes chansons, elles ont une dimension très personnelle et poétique. Tu écris/ composes toutes tes chansons ?

Oui. Mais ça ne me dérangerait pas de prendre la mélodie de quelqu’un d’autre par exemple. Mais les textes non je ne pourrais pas… Sur scène je suis possédée par ce que je chante, j’évoque des fantômes.

 

De cette quinzième édition je retiendrai les lives de la sublime PJ Harvey,  Mac Demarco fidèle à lui même ou encore Slowdive, The Lemon Twigs et Allah-Las.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marion
La tête dans les étoiles musicales
Un partage = un bisou

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

For spam filtering purposes, please copy the number 4013 to the field below: